L’académie d’Aix Marseille a mis en place des brigades numériques de remplacement pour que les élèves dont les profs sont absents (postes non pourvus, congés maternité…) aient des cours en visio. C’est une aberration pour de nombreuses raisons (pédagogique, relationnelle, financière…). Nous demandons donc la fin de cette expérimentation ainsi qu’une réelle revalorisation du métier.

Si vous souhaitez nous aider dans ce combat : https://c.org/Ks28TFgKGB

Merci à tout le monde !

Texte de présentation de la pétition

Les professeurs TZR (Titulaire en Zone de Remplacement) jouent un rôle essentiel pour pallier le manque de professeurs et maintenir un enseignement de qualité dans les établissements publics. Ce sont ces professeurs qui sont appelés dans un délai souvent court pour venir remplacer à l’école, au collège ou au lycée un professeur absent sur une longue durée. 
Mais depuis 2022, les académies d’Aix-Marseille, Lyon, Strasbourg et Nancy-Metz expérimentent des « brigades numériques de remplacement » : il s’agit pour les professeurs TZR de donner des cours en visio-conférence à des classes. Une classe d’une trentaine d’élèves se retrouve donc assise face à un professeur en vidéo, projeté sur l’écran, avec des examens nationaux qui les attendent à la fin de l’année.

Outre les problèmes techniques (son, connexion, etc.), ce dispositif empêche le professeur de maintenir un cadre propice à un apprentissage sain. Les élèves, dépourvus de micro, ne peuvent pas poser spontanément de questions, et le professeur ne voit pas toujours l’ensemble de la classe. La présence d’un professeur ou d’un surveillant supplémentaire est donc nécessaire pour maintenir le calme et l’attention des élèves : ce dispositif aberrant entraîne plus de coûts que d’économies.
La crise du COVID a déjà prouvé que les cours à distance favorisent l’isolement, la perte de repères collectifs, la difficulté d’implication des élèves dans leur travail, ainsi qu’un suivi moindre de leur bien-être mental. L’académie de Strasbourg a d’ailleurs abandonné l’expérimentation de ce dispositif, qui ne fonctionne pas.

L’éventuelle généralisation de ces brigades numériques de remplacement met en péril tous les gestes professionnels qui font la différence : un cadre permettant l’égalité de tous les élèves face aux évaluations, un suivi adapté résultant d’une vraie connaissance des élèves, une aide ponctuelle et personnalisée en passant dans les rangs, des interactions qui valorisent et stimulent les élèves. Elle menace aussi d’accroître les inégalités entre élèves issus de familles suffisamment aisées pour payer des cours particuliers et élèves issus de familles modestes. Elle achève enfin de dévaloriser le véritable travail d’un enseignant, qui dépasse largement les connaissances associées à une matière.

Nous refusons qu’un enseignement à deux vitesses s’installe dans les établissements publics, où seuls les plus favorisés bénéficieraient encore d’un vrai suivi. Pour préserver l’égalité et la qualité de l’école publique, exigeons ensemble la fin des brigades numériques de remplacement.

Article de France Bleu : « Comme remplacé par un robot » : dans un lycée d’Istres, leur professeur remplaçant donne cours de français… en visio