A. Rapports du jury

ENS ULM DE PARIS

Session 2021

Session 2020

Session 2019

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Session 2017

Session 2016

Session 2015

Session 2014

Session 2013

Session 2012

Session 2011

Session 2010

Session 2009

Session 2008

Session 2007

Session 2006

Session 2005

Session 2004

Session 2003

Session 2002

ENS LSH DE LYON

Session 2021

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Session 2004

Session 2003

Session 2002

Session 2001

B. Épreuves écrites d’admissibilité

ENS ULM DE PARIS ET ENS LSH DE LYON

FRANÇAIS

Session 2021

Il y a peu, je lisais dans un quotidien l’entretien d’un écrivain très officiel, pour ainsi dire bien assis dans sa position d’écrivain, du genre qui a toujours à dire sur tout et participe volontiers à la vie publique. Et voilà que le même écrivain, tandis qu’on lui demande pourquoi il écrit, dans un moment d’épanchement, ouvre son cœur au journaliste et lui dit : « J’écris parce que j’ai peur de devenir fou. » Louable confidence et sans nul doute sincère, mais c’est seulement que ce n’est pas là le problème : tout le monde en tout matière s’active à ne pas devenir fou, qu’on joue au football ou qu’on écrive des livres. Le problème est exactement le contraire : qu’on sache cohabiter avec elle, la folie, qu’on sache la laisser affleurer hors de toute camisole. C’est seulement si on se tient aussi près du tragique qu’on a le droit d’envisager l’art comme médecine […].

Tanguy Viel, Icebergs, Éditions de Minuit, 2019, p. 53-54.

En vous appuyant sur des exemples littéraires précis et varies, sans vous restreindre à un genre en particulier, vous commenterez et discuterez ce propos.

Session 2020

« L’écriture, quoi qu’on fasse, « engage », véhiculant, de manière très complexe, au travers de la fiction, une vision consentant plutôt à l’ordre social, ou au contraire le dénonçant. Si l’écrivain et ses lecteurs n’en ont pas conscience, la postérité ne s’y trompe pas. Il n’y a pas d’apolitisme au regard de l’histoire littéraire. »

Annie Ernaux, « Littérature et politique » (1989), Nouvelles nouvelles, n° 15, in Ecrire la vie, Paris, Gallimard, « Quarto », 2008, p. 550.

En vous appuyant sur des exemples littéraires précis et variés, sans vous restreindre à un genre en particulier, vous commenterez et discuterez ce propos.

Session 2019

Michel Leiris affirme :

« L’écrivain authentique est celui qui, écrivant, se connaît mieux lui-même et, publiant, apprend aux autres à se mieux connaître, à travers ce qu’il leur communique de l’expérience particulière que l’œuvre lui a permis – d’abord à son propre usage – d’aiguiser ou d’élucider. »

En vous appuyant sur des exemples littéraires précis, vous direz si cette opinion vous paraît pertinente.

[Le sujet est tiré de Michel Leiris (1901-1990), « Réponse à une enquête : faut-il brûler Kafka ? », in Brisées (1966), Gallimard, « Folio essais », p. 127]

Session 2018

Le poète Antoine Emaz caractérise ainsi le livre :

« Le livre est retrait, retraite ; il impose une coupure avec l’environnement, l’agenda, l’emploi du temps. On ne peut lire distraitement, sauf le journal (et encore…) ou un mauvais livre, ou une lecture obligée, basse tension ou hors tension.

Mais l’acte véritable de lire est un rapt mental : qu’il soit imaginaire, intellectuel ou affectif ne change rien à l’affaire. Un vrai livre est un vertige silencieux. »

Vous direz comment cette caractérisation éclaire votre propre vision de la littérature.

[Le sujet est tiré de Antoine Emaz (1955-2019), « Carnet de Notes » dans Evelyne Lloze et Valentine Oncins [dir.], Le Silence et le Livre, Saint-Etienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2010, p. 13.]

Session 2017

Simone de Beauvoir, dans Tout compte fait, rend ainsi compte de son expérience de lectrice :

« Lire l’œuvre d’un écrivain dont on récuse radicalement les options pose un problème ; pour qu’un texte prenne un sens, il faut y engager sa liberté, faire le silence en soi, et y installer une voix étrangère. Cela m’est impossible si la fausseté des valeurs admises par l’auteur est trop flagrante, si sa vision du monde me paraît puérile ou odieuse. »

Simone de Beauvoir, Tout compte fait (1972), Paris, Gallimard, collection « Folio », p. 212.

Vous direz comment ce point de vue éclaire votre propre conception du rapport à la littérature.

Session 2016

Michel Foucault présente en ces termes sa conception de la littérature en 1975 :

« La littérature ne réside pas dans la perfection du message ; elle ne se loge pas dans l’adéquation du bien dit ; elle est du côté du mal dire – du trop ou du trop peu, de la lacune et de la redondance, du trop tôt ou du trop tard, du double sens et du contre-temps. La littérature la plus pure se fraye son chemin dans l’opacité de ces glissements, de ces brouillages qui esquivent l’efficacité du message. »

Texte inédit rédigé pour présenter la chaire qu’occupera Roland Barthes au Collège de France, cité par Carlo Ossola, in ‘‘Leçon de la « leçon »’’, Roland Barthes au Collège de France, IMEC, 2002, p. 20

Vous direz en quoi ce propos éclaire votre vision de la littérature, sans vous cantonner à un genre littéraire particulier.

Session 2015

« Alors, pourquoi écrire ? L’écrivain, depuis quelque temps déjà, n’a plus l’outrecuidance de croire qu’il va changer le monde, qu’il va accoucher par ses nouvelles et ses romans un modèle de vie meilleur. Plus simplement, il se veut témoin. […] L’écrivain se veut témoin, alors qu’il n’est, la plupart du temps, qu’un simple voyeur. »

Jean-Marie Le Clézio, Dans la forêt des paradoxes, discours de réception du prix Nobel, Nobel Fondation, 2008.

Vous commenterez et discuterez ces propos en vous appuyant sur des exemples précis et variés, qui ne se limiteront pas au domaine du roman ou de la nouvelle.

Session 2014

Javier Cercas écrit : « Pour le lecteur, l’écriture doit être comme la vitre d’une fenêtre, qui est là sans que l’on s’en rende compte, et qui ne se fait pas remarquer pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle laisse transparaître (une vitre qui se fait remarquer n’est pas une humble vitre, mais un prétentieux vitrail). Evidemment cela n’est qu’une impression, et qui plus est une fausse impression – l’écriture ne fait pas transparaître la réalité, elle la crée –, mais il s’agit d’une impression nécessaire : cette magie est une partie importante de la magie de la littérature. » (« La facilité, pire ennemi de l’écrivain », trad. Diego Sanchez-Cascado, Le Monde, 19 novembre 2011, p. 17).

Commentez et discutez en vous appuyant sur des exemples précis et variés.

Session 2013

Jorge Luis Borges déclarait dans un entretien : « Un livre qui veut durer, c’est un livre qu’on doit pouvoir lire de plusieurs façons. Qui, en tout cas, doit permettre une lecture variable, une lecture changeante. » (Georges Charbonnier, Entretiens avec Jorge Luis Borges, Paris, Gallimard, 1967, p. 133).

Commentez et discutez ce propos, en vous appuyant sur des exemples précis.

Session 2012

Jean Giono écrivait :

« L’écrivain (ou le peintre), l’artiste témoin de son temps est une invention, et pour le besoin d’une cause ; il n’est que le témoin de lui-même. […] L’écrivain (ou le peintre), l’artiste est avant tout un homme qui se montre. Qu’il se cantonne dans son art ou qu’il s’engage, il fait son portrait. » (Préface au Tableau de la littérature française, Paris, Gallimard, 1962).

Vous commenterez et discuterez ce propos en vous appuyant sur des exemples littéraires précis.

Session 2011

Sans vous limiter à un genre particulier, commentez et discutez ces propos de Milan Kundera :

« En nous offrant la belle illusion de la grandeur humaine, le tragique nous apporte une consolation. Le comique est plus cruel : il nous révèle brutalement l’insignifiance de tout » (L’Art du roman, Paris, Gallimard, 1986, p. 150).

Vous illustrerez votre réflexion par des exemples précis.

Session 2010

Commentez et discutez ces propos de Judith Schlanger : « Le poème profond n’invente pas, il retrouve chaque fois un peu autrement. Il rejoint le même, il retrouve l’essentiel, cette donne fondamentale, cet originel qui était déjà là. » (La Mémoire des œuvres, Lagrasse, Editions Verdier, 2008, p. 22).

Vous illustrerez votre réflexion par des exemples précis.

Session 2009

Commentez et discutez ces propos de Montaigne : « Qui ôtera aux muses les imaginations amoureuses, leur dérobera le plus bel entretien qu’elles aient et la plus noble matière de leur ouvrage. » (« Sur des vers de Virgile », Les Essais, III, V, éd. P. Villey, Paris, PUF, 1988, p. 848).

 Vous illustrerez votre réflexion par des exemples précis.

Session 2008

Commentez et discutez ces propos de Florence Dupont, dans Aristote ou le vampire du théâtre occidental (Paris, Flammarion, 2007) : « Le théâtre n’a rien à voir avec la littérature, quoi qu’on fasse pour l’y réduire ». Vous illustrerez votre réflexion par des exemples précis. 

Session 2007

Commentez et discutez ces propos : « Il suffit d’observer un lecteur de romans, ou de s’observer soi-même, pour se rendre compte que l’attraction et la certitude d’une fin conditionnent sérieusement le fait de lire des romans. Qui n’a éprouvé qu’on est généralement moins enclin à lire un récit dont on connaît déjà le dénouement ou dont on sait qu’il ne se dénoue pas parce qu’il est inachevé ? ». (Guy Larroux, Le Mot de la fin. La clôture romanesque en question, Paris, Nathan, 1995, p. 5)

Session 2006

« Le rire est, avant tout, une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l’objet une impression pénible. La société se venge par lui des libertés qu’on a prises avec elle. Il n’atteindrait pas son but s’il portait la marque de la sympathie et de la bonté. » (Henri Bergson, Le Rire, 1900 ; éd. PUF, 1940, p. 150) 

Vous commenterez et discuterez cette définition du rire, en vous appuyant sur des exemples littéraires précis et variés.

Session 2005

« Que l’écrivain se garde bien de réfléchir trop sur le langage, qu’il évite à tout prix d’en faire la matière de ses hantises, qu’il n’oublie pas que les œuvres importantes ont été faites en dépit du langage. Un Dante était obsédé par ce qu’il avait à dire, non par le dire. Depuis longtemps, depuis toujours, serait-on tenté de soutenir, la littérature française semble avoir succombé à l’envoûtement, et au despotisme, du Mot. De là sa ténuité, sa fragilité, son extrême délicatesse, et aussi son maniérisme. Mallarmé et Valéry couronnent une tradition et préfigurent un épuisement… » (Cioran, Exercices d’admiration, 1986). 

Vous commenterez et discuterez ces propos en vous appuyant sur des exemples précis.

[Le sujet est tiré d’Emil Cioran (1911-1995), Exercices d’admiration, Gallimard-Arcades, 1986]

Session 2004

Par la bouche d’un de ses personnages, le romancier Michel Rio exprime son point de vue sur la littérature : « Toute littérature digne de ce nom est utile par nature puisqu’elle vise à l’élucidation. Pas à la leçon, à l’élucidation. Et en cela je la rapproche bien davantage de la science que de la morale. » (Manhattan Terminus, Le Seuil, 1995)

Vous commenterez et discuterez ces propos en vous appuyant sur des exemples précis.

Session 2003

Octavio Paz écrit : « La poésie est synthétique et demande une concentration opposée à celle qu’exige le roman. Le romancier développe, décrit, raconte, analyse et, en somme, distend le temps ; le poète le comprime et doit tout dire en quelques lignes. »

(O. Paz, Œuvres complètes, vol. 13, 1998, cité et traduit par Paul-Henri Giraud, Octavio Paz. Vers la transparence, Paris, PUF, 2002)

En prenant appui sur des exemples précis, vous direz quelles réflexions vous suggère ce propos.

Session 2002

Vous direz, en vous appuyant sur des exemples précis, quelles réflexions vous suggèrent ces remarques de Nathalie Sarraute, extraites de Roman et réalité (1959).

« La réalité, pour le romancier, c’est l’inconnu, l’invisible. C’est ce qu’il lui semble être le premier, le seul à voir ; ce qui ne se laisse pas exprimer par les formes connues et déjà utilisée. Mais ce qui exige pour se révéler un nouveau mode d’expression, de nouvelles formes. »

[Le sujet est tiré de Nathalie Sarraute (1900-1999), « Roman et réalité », conférence prononcée à l’Université de Lausanne, dans Œuvres complètes, éd. Jean-Yves Tadié, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1996, p. 1643-1656. Conférence prononcée en 1959.]

PHILOSOPHIE

Session 2021

Que nous enseignent nos peurs ?

Session 2020

Que faut-il pour faire un monde ?

Session 2019

Représenter.

Session 2018

L’actualité.

Session 2017

Qu’est-ce que penser ?

Session 2016

L’idée de justice.

Session 2015

La connaissance et la croyance.

Session 2014

L’exception.

Session 2013

Mon corps.

Session 2012

La création.

Session 2011

La souveraineté.

Session 2010

La langue de la raison.

Session 2009

La justification.

Session 2008

Le monde des images.

Session 2007

Qu’est-ce que le réel ?

Session 2006

Faire ce que l’on dit.

Session 2005

Le lien social.

Session 2004

Liberté et libération.

Session 2003

Histoire et devenir.

Session 2002

Qu’est-ce qu’un faux problème ?

LATIN

Synopsis

POÉSIE : 4/20
PROSE : 16/20

2021 : Cicéron (prose)
2020 : Apulée (prose)
2019 : Sénèque (prose)
2018 : Tacite (prose)
2017 : Ovide (poésie)
2016 : Suétone (prose)
2015 : Cicéron (prose)
2014 : Sénèque (prose)
2013 : Suétone (prose)
2012 : Cicéron (prose)
2011 : Virgile (poésie)
2010 : Aulu-Gelle (prose)
2009 : Justin (prose)
2008 : Ovide (poésie)
2007 : Vitruve (prose)
2006 : Sulpice Sévère (prose)
2005 : Juvénal (poésie)
2004 : Servius Sulpicius Rufus (prose)
2003 : Cicéron (prose)
2002 : Rhétorique à Hérennius (prose)

Outre le PDF ci-dessous, tous ces sujets seront bientôt disponibles en texte brut sur cette page.

GREC ANCIEN

Synopsis

POÉSIE : 6/20
PROSE : 14/20

2021 : Hypéride (prose)
2020 : Sophocle (poésie)
2019 : Lysias (prose)
2018 : Isocrate (prose)
2017 : Xénophon (prose)
2016 : Galien (prose)
2015 : Euripide (poésie)
2014 : Lucien (prose)
2013 : Xénophon (prose)
2012 : Xénophon (prose)
2011 : Platon (prose)
2010 : Démosthène (prose)
2009 : Platon (prose)
2008 : Aristophane (poésie)
2007 : Sophocle (poésie)
2006 : Xénophon (prose)
2005 : Euripide (poésie)
2004 : Platon (prose)
2003 : Lucien (prose)
2002 : Euripide (poésie)

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