Voir le Projet II.
Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, ne fût-ce que pour un petit sujet !

Pour le moment, cette page regroupe les sujets de compositions françaises et les sujets de thèmes et de version grecque de l’Agrégation externe de Grammaire. La page est progressivement complétée et compte actuellement 13 sujets in extenso.

Les programmes, sujets et rapports des quelques dernières années se retrouvent aussi, au format PDF, sur le site du ministère de l’Éducation nationale, tout comme le descriptif des épreuves. Le site Arrête ton char propose, au format PDF, de nombreux programmes, sujets et rapports, sur plusieurs décennies. Une partie des programmes des sessions antérieures se trouve sur Wikipédia, à partir de ceux de l’agrégation externe de Lettres classiques. On peut aussi en trouver de plus anciens dans les Bulletins officiels de l’Éducation nationale. Voir également cette page pour quelques anciens rapports du jury (2004-2007).

Les sujets de 2008 à 2020 sont regroupés, en format PDF, sur le site du Département des Sciences de l’Antiquité de l’École normale supérieure de Paris, avec les rapports du jury. Les sujets de 1983 à 1999 et ceux de 2000 à 2019 ont fait l’objet d’une publication au format papier qui les regroupe tous.

Quelques copies de concours se trouvent sur cette page (voir le Projet I).

Lorsque le jury propose un corrigé pour les versions de langues anciennes, nous les reproduisons ici. Ces textes appartiennent évidemment à leurs autrices et auteurs et à https://www.devenirenseignant.gouv.fr. Les explications plus détaillées se trouvent dans les rapports de jury.

Les synopsis des sujets en début de page permettent de se faire une idée des auteurs et des textes qui tombent.

Cette agrégation est devenue mixte lors de la session 1974.

SYNOPSIS DES SUJETS

 Composition française

1983 : Sévigné
1984 : Rimbaud
1985 : Rousseau
1986 : Montaigne
1987 : Zola
1988 : Claudel
1989 : Corneille
1990 : Rousseau
1991 : Musset
1992 : La Fontaine
1993 : Valéry
1994 : Céline
1995 : Hugo
1996 : Racine
1997 : Stendhal
1998 : Nerval
1999 : Laclos
2000 : Molière
2001 : Proust
2002 : Marivaux
2003 : Montaigne
2004 : Balzac
2005 : Beaumarchais
2006 : Retz
2007 : Prévost
2008 : Rotrou
2009 : Voltaire
2010 : Fénelon
2011 : Montaigne
2012 : La Fontaine
2013 : Gide
2014 : Montesquieu
2015 : Baudelaire
2016 : Beaumarchais
2017 : Montaigne
2018 : Flaubert
2019 : Marivaux
2020 : Cendras
2021 : Boileau

Thème latin 

PROSE : 3/39
POÉSIE : 36/39

1983 : Guez de Balzac (prose)
1984 : France (prose)
1985 : Mably (prose)
1986 : Diderot (prose)
1987 : Pascal (prose)
1988 : Buffon (prose)
1989 : Boileau (prose)
1990 : Diderot (prose)
1991 : Perrault (prose)
1992 : Sainte-Beuve (prose)
1993 : Caillois (prose)
1994 : Pascal (prose)
1995 : Bossuet (prose)
1996 : Valéry (prose)
1997 : Diderot (prose)
1998 : Rousseau (prose)
1999 : Bossuet (prose)
2000 : Montesquieu (prose)
2001 : Gide (prose)
2002 : Du Plaisir (prose)
2003 : Fernandez (prose)
2004 : Molière (prose)
2005 : Diderot (prose)
2006 : Damilaville (prose)
2007 : Vigny (prose)
2008 : Perrault (prose)
2009 : Laclos (prose)
2010 : Lesage (prose)
2011 : Alain (prose)
2012 : Racine (poésie)
2013 : Voltaire (prose)
2014 : Rousseau (prose)
2015 : Ronsard (poésie)
2016 : Perrault (prose)
2017 : Sévigné (prose)
2018 : Stendhal (prose)
2019 : Perrault (prose)
2020 : Boileau (poésie)
2021 : Voltaire (prose)

Thème grec

PROSE : 0/39
POÉSIE : 39/39

1983 : Sénac de Meilhan (prose)
1984 : Leiris (prose)
1985 : Fontenelle (prose)
1986 : Rousseau (prose)
1987 : Rousseau (prose)
1988 : Racine (prose)
1989 : Perrault (prose)
1990 : Marivaux (prose)
1991 : Champollion (prose)
1992 : Labé (prose)
1993 : Michaux (prose)
1994 : Voltaire (prose)
1995 : Boileau (prose)
1996 : Rollin (prose)
1997 : Montesquieu (prose)
1998 : Diderot (prose)
1999 : Gide (prose)
2000 : Caillois (prose)
2001 : Marivaux (prose)
2002 : Racine (prose)
2003 : Fénelon (prose)
2004 : Montesquieu (prose)
2005 : Rousseau (prose)
2006 : Proust (prose) 
2007 : Balzac (prose)
2008 : Baudelaire (prose)
2009 : Molière (prose)
2010 : Rousseau (prose)
2011 : La Fontaine (prose)
2012 : De Salles (prose)
2013 : Montaigne (prose)
2014 : Molière (prose)
2015 : Cocteau (prose)
2016 : Chateaubriand (prose)
2017 : Montesquieu (prose)
2018 : Fontenelle (prose)
2019 : Pascal (prose)
2020 : Voltaire (prose)
2021 : Molière (prose)

Version latine

PROSE : 22/39
POÉSIE : 17/39

1983 : Cicéron (prose philosophique)
1984 : Sénèque le Jeune (prose philosophique)
1985 : Tibulle (poésie élégiaque)
1986 : Suétone (prose historique)
1987 : Tacite (prose historique)
1988 : Lucain (poésie épique)
1989 : Cicéron (prose philosophique)
1990 : Pline l’Ancien (prose philosophique)
1991 : Juvénal (poésie satirique)
1992 : Minucius Félix (prose théologique)
1993 : Manilius (poésie didactique)
1994 : Vitruve (prose didactique)
1995 : Claudien (poésie épique)
1996 : Cicéron (prose philosophique)
1997 : Ovide (poésie élégiaque)
1998 : Sénèque le Jeune (prose philosophique)
1999 : Silius Italicus (poésie épique)
2000 : Cicéron (prose épistolaire)
2001 : Horace (poésie satirique)
2002 : Tacite (prose historique)
2003 : Stace (poésie épique)
2004 : Cicéron (prose rhétorique)
2005 : Pétrone (poésie)
2006 : Varron (prose didactique)
2007 : Plaute (poésie dramatique – comédie)
2008 : Tite Live (prose historique)
2009 : Lucrèce (poésie didactique)
2010 : Sénèque le Jeune (prose philosophique)
2011 : Lucain (poésie épique)
2012 : Catulle (poésie épique)
2013 : Cicéron (prose épistolaire)
2014 : Pline le Jeune (prose épistolaire)
2015 : Salluste (prose historique)
2016 : Stace (poésie épique)
2017 : Tacite (prose historique)
2018 : Aulu-Gelle (prose)
2019 : Silius Italicus (poésie épique)
2020 : Tite Live (prose historique)
2021 : Properce (poésie élégiaque)

A. FEMMES

Session 1960

Thème latin

UN PRISONNIER ENIVRE SON GARDIEN

Je finis par trouver un moyen de fuir sans éveiller mon gardien et sans l’égorger. J’avais remarqué que Vasile (1) aimait à boire et qu’il portait mal le vin. Je l’invitai à dîner avec moi. Hadgi-Stavros (2), qui ne m’avait pas honoré d’une visite depuis que je n’avais plus son estime, se conduisait encore en hôte généreux. Ma table était mieux servie que la sienne. Vasile, admis à prendre part à ces magnificences, commença le repas avec une humilité touchante. Il se tenait à trois pieds de la table comme un paysan invité chez son seigneur. Peu à peu le vin rapprocha les distances. À huit heures du soir, mon gardien m’expliquait son caractère. À neuf heures, il me racontait en balbutiant les aventures de sa jeunesse, et une série d’exploits qui auraient fait dresser les cheveux d’un juge d’instruction. À dix heures, il tomba dans la philanthropie : ce cœur d’acier trempé fondait dans le rhaki (3), comme la perle de Cléopâtre dans le vinaigre. Il me jura qu’il s’était fait brigand par amour de l’humanité ; qu’il voulait faire sa fortune en dix ans, fonder un hôpital avec ses économies et se retirer ensuite dans un couvent du Mont Athos. Je profitai de ces bonnes dispositions pour lui ingérer une énorme tasse de rhaki. Bientôt il perdit la voix ; sa tête pencha de droite à gauche et de gauche à droite ; il me tendit la main, rencontra un restant de rôti, le serra cordialement, se laissa tomber à la renverse, et s’endormit du sommeil des sphinx d’Égypte.

Edmond About (1828-1885),
Le Roi des montagnes (1857)
(278 mots)

(1) Basilius, ii, m.
(2) Hadgi-Stavrus, i, m.
(3) Traduire conventionnellement comme s’il y avait « absinthe ».

Session 1963

Thème latin

LES DÉBATS SUSCITÉS EN GRÈCE PAR LE RAPT D’HÉLÈNE

La plupart se trouvant dans ces dispositions, la guerre eût été bien déclarée : mais Ulysse fit remarquer qu’il était inouï qu’on eût décidé une affaire de cette importance sans consulter les vieillards. « Car, après tout, pourquoi tant de précipitation ? Nous ne pouvons rien entreprendre avant la saison favorable. S’il s’agissait de quelque chasse, de jeux qu’on voulût célébrer, nous écouterions nos anciens, nous suivrions les avis de ceux qui ont acquis avec le temps la connaissance de ces choses ; et pour aller si loin, à travers tant de mers, chercher une guerre dont l’issue peut être fatale à toute la Grèce, nous ne prenons aucun conseil ! »
Malgré la fougue de cette jeunesse qui n’avait de pensée que pour la guerre, Ulysse pourtant fut écouté. On convint que ce qu’il disait était conforme à la raison et à l’usage de tous les temps ; il fut résolu d’une commune voix qu’on assemblerait les vieillards le plus tôt possible. Philoctète, Ulysse, Eumèle, Antiloque et plusieurs autres allèrent quérir leurs pères, et, partout où l’on connaissait des hommes que l’expérience et le don de la parole rendaient propres au conseil, on envoya des hérauts leur dire de venir à Argos […]. Dès que Nestor et Pélée furent arrivés, on se mit à délibérer : alors on vit dans l’assemblée une grande contrariété de sentiments et de volontés. Car les vieux étaient tous d’avis de laisser Ménélas et son frère démêler eux seuls leur querelle avec le Troyen […]. Mais les jeunes gens ne pouvaient souffrir ce langage et demandaient la guerre à grands cris.

Paul-Louis Courier de Méré (1772-1825),
Œuvres complètes (1828)
(282 mots)

B. HOMMES

Session 1960

Thème latin

EFFETS DE LA SÉPARATION

Nos concitoyens, ceux du moins qui avaient le plus souffert de cette séparation, s’habituaient-ils à la situation ? Il ne serait pas tout à fait juste de l’affirmer. Il serait plus exact de dire qu’au moral comme au physique, ils souffraient de décharnement. Au début de la peste, ils se souvenaient très bien de l’être qu’ils avaient perdu et ils le regrettaient. Mais s’ils se souvenaient nettement du visage aimé, de son rire, de tel jour dont ils reconnaissaient après coup qu’il avait été heureux, ils imaginaient difficilement ce que l’autre pouvait faire à l’heure même où ils l’évoquaient et dans des lieux désormais si lointains. En somme, à ce moment-là, ils avaient de la mémoire, mais une imagination insuffisante. Au deuxième stade de la peste, ils perdirent aussi la mémoire. Non qu’ils eussent oublié ce visage, mais, ce qui revient au même, il avait perdu sa chair, ils ne l’apercevaient plus à l’intérieur d’eux-mêmes. Et alors qu’ils avaient tendance à se plaindre, les premières semaines, de n’avoir plus affaire qu’à des ombres dans les choses de leur amour, ils s’aperçurent par la suite que ces ombres pouvaient encore devenir plus décharnées, en perdant jusqu’aux infimes couleurs que leur gardait le souvenir. Tout au bout de ce long temps de séparation, ils n’imaginaient plus cette intimité qui avait été la leur, ni comment avait pu vivre près d’eux un être sur lequel, à tout moment, ils pouvaient poser la main.

De ce point de vue, ils étaient entrés dans l’ordre même de la peste, d’autant plus efficace qu’il était plus médiocre. Personne, chez nous, n’avait plus de grands sentiments. Mais tout le monde éprouvait des sentiments monotones. « Il est temps que cela finisse », disaient nos concitoyens, parce qu’en période de fléau, il est normal de souhaiter la fin des souffrances collectives, et parce qu’en fait, ils souhaitaient que cela finisse.

Albert Camus (1913-1960),
La Peste (1947)
(343 mots)

Session 1962

Thème latin

THÉÂTRE ET COMÉDIE

Quand on fait réflexion que la tragédie affecte, qu’elle occupe plus une grande partie des hommes que la comédie, il n’est plus permis de douter que les imitations ne nous intéressent qu’à proportion de l’impression plus ou moins grande que l’objet imité aurait faite sur nous. Or il est certain que les hommes en général ne sont pas autant émus par l’action théâtrale, qu’ils ne sont pas aussi livrés au spectacle durant les représentations des comédies, que durant celles des tragédies. Ceux qui font leur amusement de la poésie dramatique parlent plus souvent et avec plus d’affection des tragédies que des comédies qu’ils ont vues… Nous souffrons plus volontiers le médiocre dans le genre tragique que dans le genre comique, qui semble n’avoir pas le même droit sur notre attention que le premier. Tous ceux qui travaillent pour notre théâtre parlent de même, et ils assurent qu’il est moins dangereux de donner un rendez-vous au public pour le divertir en le faisant pleurer, que pour le divertir en le faisant rire.

Il semble cependant que la comédie dût attacher les hommes plus que la tragédie. Un poète comique ne dépeint pas aux spectateurs des héros ou des caractères qu’ils n’aient jamais connus que par les idées vagues que leur imagination peut en avoir formées sur le rapport des historiens : il n’entretient pas le parterre des conjurations contre l’État, d’oracles ni d’autres événements merveilleux, et tels que la plupart des spectateurs, qui jamais n’ont eu part à des aventures semblables, ne sauraient bien connaître si les circonstances et les suites de ces aventures sont exposées avec vraisemblance. Au contraire le poète comique dépeint nos amis et les personnes avec qui nous vivons tous les jours. Le théâtre, suivant Platon, ne subsiste, pour ainsi dire, que des fautes où tombent les hommes, parce qu’ils ne se connaissent pas bien eux-mêmes. Les uns s’imaginent être plus puissants qu’ils ne sont, d’autres plus éclairés, et d’autres enfin plus aimables.

Jean-Baptiste Dubos (1670-1742),
Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture (1719)
(352 mots)

C. MIXTE

Session 1993

Version latine

Manilius (Les Astronomiques, IV, v. 1-36)

Session 2020

Rapport du jury 2020

Composition française

« Est-ce une autobiographie ? Est-ce une hagiographie ? Est-ce un feuilleton populaire ? Cendrars brouille les pistes et produit une autobiographie qui ne s’affirme jamais complètement comme telle. Le texte revendique une réception malaisée et subtilise au lecteur les indices formels qui lui permettent ordinairement de se saisir du sens. C’est en amant du secret des choses que Cendrars conduit son lecteur sur des pistes multiples et enchevêtrées, qui ne cessent de le surprendre et de le dérouter. » (Laurence Guyon, Cendrars en énigme. Modèles mystiques, écritures poétiques, Paris, Honoré Champion, 2007, p. 143)

Ce jugement se trouve-t-il confirmé par votre lecture de L’Homme foudroyé ?

Thème latin

Dans Florence jadis vivait un médecin,
Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin.
Lui seul y fit longtemps la publique misère :
Là le fils orphelin lui redemande un père ;
Ici le frère pleure un frère empoisonné.
L’un meurt vide de sang, l’autre plein de séné ;
Le rhume à son aspect se change en pleurésie,
Et par lui la migraine est bientôt frénésie.
Il quitte enfin la ville, en tous lieux détesté.
De tous ses amis morts un seul ami resté
Le mène en sa maison de superbe structure :
C’était un riche abbé, fou de l’architecture.
Le médecin d’abord semble né dans cet art,
Déjà de bâtiments parle comme Mansart :
D’un salon qu’on élève il condamne la face ;
Au vestibule obscur il marque une autre place,
Approuve l’escalier tourné d’autre façon.
Son ami le conçoit, et mande son maçon.
Le maçon vient, écoute, approuve et se corrige.
Enfin pour abréger un si plaisant prodige,
Notre assassin renonce à son art inhumain ;
Et désormais, la règle et l’équerre à la main,
Laissant de Galien la science suspecte,
De méchant médecin devient bon architecte.
Son exemple est pour nous un précepte excellent.
Soyez plutôt maçon, si c’est votre talent,
Ouvrier estimé dans un art nécessaire,
Qu’écrivain du commun et poète vulgaire.
Il est dans tout autre art des degrés différents,
On peut avec honneur remplir les seconds rangs ;
Mais dans l’art dangereux de rimer et d’écrire,
Il n’est point de degrés du médiocre au pire.

Nicolas Boileau (1636-1711), 
Art Poétique (1674), IV, v. 1-32
(32 vers – 257 mots)

Corrigé proposé par le jury

Florentiae quondam uiuebat medicus quidam qui dicebatur esse homo loquacissimus et clarus interfector. Solus enim diu ciuibus suis exitio fuit : illic enim orbus filius ex eo repetit patrem, hic frater flet fratrem ueneficio interfectum. Namque alter mortuus est sanguine hausto, alter plenus casiae ; ac grauedo, ubi primum is aduenit, euadit dolor lateris et, eius opera, capitis dolor fit mox furor. Et tandem relinquit urbem, quippe qui omnibus odio sit. Cuius ex omnibus amicis unus remanet uiuus qui eum ducit in domum suam mirifice aedificatam. Fuit enim ille diues abbas, in architectura cupidissimus. Medicus autem, qui statim uidetur ad hanc artem natus esse, iam de aedificiis ut Mansartius loquitur. Itaque quomodo oecus aedificetur compareturque reprehendit, iubet caecas fauces alio loco constitui probatque scalas aliter dispositas. Cuius amicus haec concipit et arcessit structorem suum. Structor igitur uenit, eum audit, approbat consiliumque mutat. At denique, ne plura dicamus de tam iucundo prodigio, interfector de quo dicimus desinit suam sceleratam artem. Qui iam, dum relinquit suspiciosam Galeni scientiam, regula et norma in manus sumpta, ex malo medico bonus architectus fit. Cuius exemplum nobis egregium praeceptum est. Age uero, es structor, si ingenium tuum in hac re est, probatus opifex quidam in necessaria arte uersatus, potius quam popularis scriptor et uulgaris poeta. Sunt enim in ceteris artibus uarii gradus, quorum possumus honeste tenere secundum locum. At, in periculosa uersuum faciendorum et componendi arte, non sunt gradus inter mediocrem et pessimum.

Thème grec

LE VIEUX ROI DE BABYLONE, BÉLUS, DEMANDE CONSEIL À SES MINISTRES
POUR LE MARIAGE DE SA FILLE (1)

« Je suis vieux, je ne sais plus que faire, ni à qui donner ma fille. Celui qui la méritait n’est qu’un vil berger. Le roi des Indes et celui d’Égypte sont des poltrons ; le roi des Scythes me conviendrait assez, mais il n’a rempli aucune des conditions imposées. Je vais encore consulter l’oracle. En attendant, délibérez, et nous conclurons suivant ce que l’oracle aura dit ; car un roi ne doit se conduire que par l’ordre exprès des dieux immortels. »

Alors il va dans sa chapelle ; l’oracle lui répond en peu de mots suivant sa coutume : « Ta fille ne sera mariée que quand elle aura couru le monde. » Bélus, étonné, revient au conseil et rapporte cette réponse.

Tous les ministres avaient un profond respect pour les oracles ; tous convenaient ou feignaient de convenir qu’ils étaient le fondement de la religion ; que la raison doit se taire devant eux ; que c’est par eux que les rois règnent sur les peuples, et les mages sur les rois ; que sans les oracles il n’y aurait ni vertu ni repos sur la terre. Enfin, après avoir témoigné la plus profonde vénération pour eux, presque tous conclurent que celui-ci était impertinent, qu’il ne fallait pas lui obéir ; que rien n’était plus indécent pour une fille, et surtout pour celle du grand roi de Babylone, que d’aller courir sans savoir où ; […] qu’en un mot cet oracle n’avait pas le sens commun.

Jean-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778),
La Princesse de Babylone (1768)
(251 mots)

(1) Ne pas traduire le titre.

Corrigé proposé par le jury

« Γηραιὸς ὢν, ἔφη, οὐκέτ’ ἔχω ὅ τι πράξω οὐδ’ ὅτῳ τὴν θυγατέρα ἐκδῶμαι. Ὁ μὲν γὰρ αὐτῆς ἄξιος ὢν οὐδεὶς ἄλλος ἢ ἀγεννὴς ποιμήν ἐστιν. Ὁ δὲ τῶν Ἰνδῶν βασιλεὺς καὶ ὁ τῶν Αἰγυπτίων δειλοὶ τυγχάνουσιν ὄντες· ὁ δὲ τῶν Σκυθῶν ἐπιεικῶς ἀρέσκοι ἄν μοι, ὅμως δ’ οὐδὲν τῶν προσταχθέντων ἐξεπλήρωσε. Πάλιν οὖν αὖθις χρήσομαι τῷ μαντείῳ. Ὑμῶν δὲ μεταξὺ βουλευσαμένων διαγνωσόμεθα [Ἐν δὲ τῷ μεταξὺ βουλεύσασθε καὶ διαγνωσόμεθα] καθ’ ἃ ἂν ὁ θεὸς εἴπῃ [κατὰ τὰ ὑπὸ τοῦ θεοῦ ῥηθέντα]· βασιλέα γὰρ δεῖ πάντα πρᾶξαι οὐδενὶ ἄλλῳ πειθόμενον ἢ τοῖς ὑπὸ τῶν ἀθανάτων θεῶν σαφέστατα κελευομένοις. »

Τότε δὲ πρὸς τοῦτον εἰς τὸ ἑαυτοῦ ἱερὸν ἐλθόντα ἀναιρεῖ ὁ θεὸς διὰ βραχέων ὥσπερ εἴωθε· « Ἡ θυγάτηρ σου, ἔφη, οὐ πρότερον γαμεῖται πρὶν ἂν ἀποδημήσασα διὰ τῆς γῆς πορεύηται. » Ἐκπεπληγμένος δ’ ὁ Βῆλος ἐπὶ τὴν βουλὴν ἐπανέρχεται ἀπαγγελῶν τοῦτον τὸν χρησμόν.

Πάντες δ’ οἱ βουλευταὶ πολὺ ᾐδοῦντο τοὺς χρησμούς· πάντες δ’ ὡμολόγουν ἢ προσεποιοῦντο ὁμολογῆσαι αὐτοὺς μὲν κρηπῖδας εἶναι τῆς περὶ τοὺς θεοὺς θεραπείας· διανοηθῆναι δὲ περὶ αὐτοὺς οὐ προσήκειν· διὰ δ’ αὐτοὺς τοὺς μὲν βασιλέας τῶν δήμων ἄρχειν, τοὺς δὲ μάγους τῶν βασιλέων· τῶν δὲ χρησμῶν μὴ ὄντων οὔτ’ ἀρετὴν οὐθ’ ἡσυχίαν παρὰ πᾶσιν ἀνθρώποις ἂν ὑπάρχειν. Τέλος δέ, καίπερ μάλιστα σεβόμενοι αὐτοὺς, σχεδὸν πάντες ἐλογίσαντο τοῦτον μὲν ἄλογον εἶναι, πιθέσθαι [πείθεσθαι] δ’ αὐτῷ οὐ δεῖν· οὐδ’ ἀπρεπέστερον οὐδὲν εἶναι παρθένῳ τινί, μάλιστα δὲ τῇ τοῦ μεγάλου βασιλέως τῶν Βαβυλωνίων θυγατρί, ἢ ἀποδημησάσῃ πορεύεσθαι μὴ εἰδυίᾳ ὅποι ἔλθοι· οὐδὲ συνελόντι φρονίμως ἔχειν τοῦτον τὸν χρησμόν.

Version latine

RÉACTION DE PHILIPPE V À L’ANNONCE DU DÉSASTRE
SUBI PAR CHALCIS, VILLE ALLIÉE DE LA MACÉDOINE

Demetriade tum Philippus erat. Quo cum esset nuntiata clades sociae urbis, quamquam serum auxilium perditis rebus erat, tamen, quae proxima auxilio est, ultionem petens, cum expeditis quinque milibus peditum et trecentis equitibus extemplo profectus cursu prope Chalcidem contendit, haudquaquam dubius opprimi Romanos posse. A qua destitutus spe nec quicquam aliud quam ad deforme spectaculum semirutae ac fumantis sociae urbis cum uenisset, paucis uix qui sepelirent bello absumptos relictis aeque raptim ac uenerat transgressus ponte Euripum per Boeotiam Athenas ducit, pari incepto haud disparem euentum ratus responsurum. Et respondisset, ni speculator – hemerodromos uocant Graeci, ingens die uno cursu emetientes spatium – contemplatus regium agmen ex specula quadam, praegressus nocte media Athenas peruenisset. Idem ibi somnus eademque neglegentia erat quae Chalcidem dies ante paucos prodiderat. Excitati nuntio trepido et praetor Atheniensium et Dioxippus, praefectus cohortis mercede militantium auxiliorum, conuocatis in forum militibus tuba signum ex arce dari iubent, ut hostes adesse omnes scirent. Ita undique ad portas, ad muros discurrunt. Paucas post horas Philippus, aliquanto tamen ante lucem, adpropinquans urbi, conspectis luminibus crebris et fremitu hominum trepidantium, ut in tali tumultu, exaudito sustinuit signa et considere ac conquiescere agmen iussit, ui aperta propalam usurus quando parum dolus profuerat. Ab Dipylo accessit. Porta ea, uelut in ore urbis posita, maior aliquanto patentiorque quam ceterae est, et intra eam extraque latae uiae sunt, ut et oppidani derigere aciem a foro ad portam possent et extra limes mille ferme passus longus, in Academiae gymnasium ferens, pediti equitique hostium liberum spatium praeberet. Eo limite Athenienses cum Attali praesidio et cohorte Dioxippi acie intra portam instructa signa extulerunt. Quod ubi Philippus uidit, habere se hostes in potestate ratus et diu optata caede – neque enim ulli Graecarum ciuitatium infestior erat – iram expleturum, cohortatus milites ut se intuentes pugnarent scirentque ibi signa, ibi aciem esse debere ubi rex esset, concitat in hostes equum non ira tantum sed etiam gloria elatusquod ingenti turba completis etiam ad spectaculum muris conspici se pugnantem egregium ducebat.

Tite Live,
Histoire romaine, XXXI, 3, 24,
(323 mots)

Corrigé proposé par le jury

Philippe était alors à Démétrias. C’est pourquoi, alors qu’avait été annoncé le désastre subi par la ville alliée, bien qu’il fût trop tard pour lui porter secours – la situation était désespérée – néanmoins, poursuivant un but très proche du secours, la vengeance, prenant avec lui cinq mille hommes d’infanterie légère et trois cents cavaliers, il partit sur-le-champ presque au pas de course pour atteindre Chalcis, sans le moindre doute sur le fait que les Romains pussent être écrasés. Mais déçu dans cet espoir et n’étant venu que pour être confronté à l’affreux spectacle d’une ville alliée à demi ruinée et partant en fumée, après y avoir laissé juste quelques hommes pour ensevelir ceux qui avaient été massacrés au combat, aussi précipitamment qu’il était venu, il prit le pont pour franchir l’Euripe puis il marche sur Athènes en passant par la Béotie, dans l’idée qu’à une entreprise semblable répondrait un succès qui ne serait pas dissemblable. Et il y eût répondu, si un observateur – un hemerodromos, comme les Grecs appellent ces hommes qui parcourent une distance immense en un seul jour au pas de course – n’avait porté son attention, depuis un certain poste d’observation, sur la marche de la colonne royale et ne l’avait devancé en parvenant à Athènes en pleine nuit. Là régnaient le même sommeil et la même insouciance que ceux qui avaient livré Chalcis quelques jours plus tôt. Réveillés par le messager tout agité, le préteur des Athéniens ainsi que Dioxippe, à la tête d’une cohorte de troupes auxiliaires constituée de mercenaires, une fois les soldats rassemblés sur le forum, ordonnent qu’au son de la trompette soit donné un signal depuis la forteresse, afin que tous sachent que les ennemis étaient là. Dès lors, de toutes parts on accourt aux portes, aux remparts. Quelques heures plus tard, mais néanmoins sensiblement avant le lever du jour, Philippe, qui s’approchait de la ville, après avoir observé de nombreux flambeaux et prêté l’oreille au fracas de gens qui s’agitaient, comme cela advient en pareil tumulte, fit une halte et ordonna à la colonne de s’arrêter et de se reposer ; il avait l’intention de faire ouvertement usage d’une force manifeste, puisque la ruse n’avait pas été assez profitable. Il lança les hostilités du côté de la porte Dipyle. Cette porte, placée comme à l’entrée de la ville, est sensiblement plus grande et plus praticable que toutes les autres, et à l’intérieur comme à l’extérieur se trouvent de larges voies, de sorte que les habitants pouvaient ranger leur armée en ligne de bataille depuis le forum jusqu’à la porte, tandis qu’à l’extérieur une route longue de mille pas environ, conduisant au gymnase de l’Académie, offrait un espace libre à l’infanterie et à la cavalerie des ennemis. Sur cette route, les Athéniens, avec la garnison d’Attale et la cohorte de Dioxippe, formèrent leur ligne de bataille à l’intérieur de la porte puis sortirent pour attaquer. Or, lorsque Philippe vit ce mouvement, dans l’idée qu’il tenait ses ennemis en son pouvoir et qu’il était à deux doigts d’assouvir sa colère en un massacre depuis longtemps souhaité – et, de fait, il n’était pas une cité grecque à qui il fût plus hostile –, il exhorta ses soldats : qu’ils combattent les yeux fixés sur lui et qu’ils sachent que les enseignes, que la ligne de bataille devaient être où le roi serait ; puis il lance son cheval sur les ennemis, emporté non seulement par la colère, mais encore par le désir de gloire : être observé en train de combattre, une foule immense amassée sur les remparts pour assister aussi au spectacle, était à ses yeux un insigne honneur.

Session 2021

Composition française

« Il [Boileau] joue avec talent de l’ambiguïté entre le jugement moral et le jugement de goût, entre l’exigence éthique qui tend à l’universel et l’évaluation esthétique qui, elle, apparaît beaucoup plus problématique. Boileau voudrait donner à ses jugements de goût la même autorité et la même universalité que des jugements moraux. » (Pascal Debailly, « Le droit à la satire chez les poètes », article paru dans les actes du colloque Morales du poème à l’âge classique, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 36).

Ce jugement se trouve-t-il confirmé par votre lecture des Satires et de l’Art poétique de Boileau ?

Thème latin

UNE BIEN ÉTRANGE MESSE (1)

On était déjà assemblé lorsque j’entrai avec mon conducteur. Il y avait environ quatre cents hommes dans l’église et trois cents femmes : les femmes se cachaient le visage avec leur éventail, les hommes étaient couverts de leurs larges chapeaux ; tous étaient assis, tous dans un profond silence. Je passai au milieu d’eux sans qu’un seul levât les yeux sur moi. Ce silence dura un quart d’heure. Enfin un d’eux se leva, ôta son chapeau et, après quelques grimaces et quelques soupirs, débita moitié avec la bouche, moitié avec le nez, un galimatias tiré de l’Évangile, à ce qu’il croyait, où ni lui ni personne n’entendait rien. Quand ce faiseur de contorsions eut fini son beau monologue et que l’assemblée se fut séparée tout édifiée et toute stupide, je demandai à mon homme pourquoi les plus sages d’entre eux souffraient de pareilles sottises. « Nous sommes obligés de les tolérer, me dit-il, parce que nous ne pouvons pas savoir si un homme qui se lève pour parler sera inspiré par l’esprit ou par la folie ; dans le doute, nous écoutons tout patiemment, nous permettons même aux femmes de parler. Deux ou trois de nos dévotes se trouvent souvent inspirées à la fois et c’est alors qu’il se fait un beau bruit dans la maison du Seigneur ! — Vous n’avez donc point de prêtres ? lui dis-je. — Non, mon ami, dit le quaker (2), et nous nous en trouvons bien ».

François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778),
Lettres philosophiques, Seconde Lettre, « Sur les Quakers »
(255 mots)

(1) Ne pas traduire le titre.
(2) quaker : traduire minister.

Thème grec

OCTAVE – Ah ! fâcheuses nouvelles pour un coeur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit ! Tu viens, Silvestre, d’apprendre au port que mon père revient ?
SILVESTRE – Oui.
OCTAVE – Qu’il arrive ce matin même ?
SILVESTRE – Ce matin même.
OCTAVE – Et qu’il revient dans la résolution de me marier ?
SILVESTRE – Oui.
OCTAVE – Avec une fille du seigneur Géronte ?
SILVESTRE – Du seigneur Géronte.
OCTAVE – Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela ?
SILVESTRE – Oui.
OCTAVE – Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle ?
SILVESTRE – De votre oncle.
OCTAVE – À qui mon père les a mandées par une lettre ?
SILVESTRE – Par une lettre.
OCTAVE – Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires.
SILVESTRE – Toutes nos affaires.
OCTAVE – Ah ! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.
SILVESTRE – Qu’ai-je à parler davantage ? Vous n’oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.
OCTAVE – Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.
SILVESTRE – Ma foi, je m’y trouve autant embarrassé que vous, et j’aurais bon besoin que l’on me conseillât moi-même.
OCTAVE – Je suis assassiné par ce maudit retour.
SILVESTRE – Je ne le suis pas moins.
OCTAVE – Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes.
SILVESTRE – Les réprimandes ne sont rien, et plût au Ciel que j’en fusse quitte à ce prix ! Mais, j’ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies, et je vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.
OCTAVE – Ô Ciel ! par où sortir de l’embarras où je me trouve ?

Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), dit Molière,
Les Fourberies de Scapin, Acte I, scène 1
(273 mots)

Version latine

AFFLICTION DE TARPEIA

Vidit (1) harenosis Tatium proludere campis
     pictaque per flauas arma leuare iubas :
obstupuit regis facie et regalibus armis,
     interque oblitas excidit urna manus.
Saepe illa immeritae causata est omina lunae,
     et sibi tingendas dixit in amne comas :
saepe tulit blandis argentea lilia Nymphis,
     Romula ne faciem laederet hasta Tati :
dumque subit primo Capitolia nubila fumo,
     rettulit hirsutis bracchia secta rubis,
et sua Tarpeia residens ita fleuit ab arce
     uulnera uicino non patienda Ioui :
« Ignes castrorum et Tatiae praetoria turmae
     et formosa oculis arma Sabina meis,
o utinam ad uestros sedeam captiua Penates,
     dum captiua mei conspicer esse Tati !
Romani montes, et montibus addita Roma,
     et ualeat probro Vesta pudenda meo !
Ille equus, ille meos in castra reponet amores,
     cui Tatius dextras collocat ipse iubas !
Quid mirum patrios Scyllam secuisse capillos,
     candidaque in saeuos inguina uersa canes ?
Prodita quid mirum fraterni cornua monstri,
     cum patuit lecto stamine torta uia ?
Quantum ego sum Ausoniis crimen factura puellis,
     improba uirgineo lecta ministra foco !
Pallados exstinctos si quis mirabitur ignes,
     ignoscat : lacrimis spargitur ara meis.
Cras, ut rumor ait, tota pigrabitur urbe :
     tum cape spinosi rorida terga iugi.
Lubrica tota uia est et perfida : quippe tacentis
     fallaci celat limite semper aquas.
O utinam magicae nossem cantamina Musae !
     Haec quoque formoso lingua tulisset opem. 
Te toga picta decet, non quem sine matris honore
     nutrit inhumanae dura papilla lupae.
Sic, hospes, pariamne tua regina sub aula ?
     Dos tibi non humilis prodita Roma uenit.
Si minus, at raptae ne sint impune Sabinae,
     me rape et alterna lege repende uices !
Commissas acies ego possum soluere nupta :
     uos medium palla foedus inite mea.
Adde, Hymenaee, modos ; tubicen, fera murmura conde :
     credite, uestra meus molliet arma torus.
Et iam quarta canit uenturam bucina lucem,
     ipsaque in Oceanum sidera lapsa cadunt.
Experiar somnum, de te mihi somnia quaeram :
     fac uenias oculis umbra benigna meis. »

Properce, Élégies, IV, 4, v. 19-66
(48 vers – 302 mots)

(1) Le sujet est Tarpeia.