Découvrez ce bel article de Cécilia Suzzoni paru dans la Revue de pédagogie des langues anciennes (hors série n° 1 – 2025-2026).

Résumé : L’article qui suit reprend une contribution orale prononcée à l’occasion d’une invitation de Christophe Cusset au colloque « Faire face aux textes de l’Antiquité ». Il ne s’inscrit pas dans le cadre d’une démarche pédagogique en cours. Il est cependant le fruit d’une expérience pédagogique, celle de l’enseignement des langues anciennes et de la littérature française au lycée et en classes préparatoires. Le libellé de mon intervention éclaire l’essentiel de mon propos : la nécessité d’un recours systématique, dans le processus de la traduction, à une analyse lexico-culturelle ; celle-ci doit conduire à une archéologie du sens dont la fécondité concerne aussi bien la langue source que la langue cible. Cela suppose une définition de la langue comme « langue de culture », matériau et milieu historiques, inséparable donc des grands enjeux, littéraires, historiques, philosophiques mis en mots dans les œuvres de l’Antiquité que nous recevons en traduction, dans la traduction, et dont nous continuons de débattre en les subordonnant aux intérêts d’aujourd’hui. D’où la nécessité de maintenir l’exercice de la version, un exercice renouvelé dans sa pratique et ses ambitions. Une telle approche implique que l’apprentissage des langues anciennes bénéficie de toute l’autorité institutionnelle octroyée aux autres disciplines dites fondamentales (lesquelles, d’ailleurs, lui sont intimement liées en diachronie et synchronie).