Quand j’étais en classe préparatoire, j’avais lu l’ouvrage de méthode de Jacqueline Russ, professeure de philosophie, et je me souviens avoir été marqué par l’analyse étymologique qu’elle y faisait du mot « méthode » : « une route, un chemin (hodos) vers (meta exprimant ici l’idée de but) ». Cette idée de chemin m’est restée, et c’est quelque chose que nous avons cherché à retranscrire avec notre outil numérique, à la fois en créant des chemins pour permettre à chacun d’apprendre, mais aussi parce que la plateforme elle-même est sur un chemin. Elle progresse et avance méthodiquement grâce aux retours de ses apprenants.
C’est ce que j’aime avec le numérique, cette simplicité avec laquelle on peut rééditer notre travail, puisqu’au fil des remarques des utilisateurs nous pouvons modifier une formulation, éclairer une correction ou ajouter un cas que nous n’avions pas prévu.
C’est dans cet esprit que nous avons construit hodos-concours.fr, un outil numérique composé d’exercices qui permettent de s’exercer et de se confronter aux cas difficiles de la grammaire (et, nous l’espérons, à ceux d’autres disciplines bientôt).
La grammaire c’est difficile, un peu comme le piano, il faut donc s’exercer régulièrement, « faire ses gammes ». Mais quand on commence le piano, on trouve sans peine des cahiers d’exercices pour progresser, alors qu’il existe très peu d’ouvrages qui permettent vraiment de s’entraîner en grammaire. On se retrouve vite submergé, et elle est rapidement mise de côté, alors qu’elle est fondamentale pour l’admissibilité de nombreux concours.
L’outil que nous avions en tête devait permettre de s’entraîner sur des milliers d’exercices, mobiliser les décennies d’annales qui sont des ressources extrêmement précieuses et trop peu exploitées, et valoriser l’apprenant en lui donnant confiance, avec des exercices adaptés à son niveau.
Nous voulions surtout que chaque réponse soit suivie d’une véritable correction, parce qu’un simple « bonne réponse » n’apprend rien à personne. Chaque correction donne donc la réponse attendue, rappelle la règle en quelques phrases, puis l’applique à la phrase même de l’exercice, ce qui se rapproche autant que possible de ce qu’un professeur dirait à son élève, et nous éloigne en tout cas de la froideur d’un corrigé en fin de manuel.
Enfin, nous voulions proposer le meilleur de la didactique de la grammaire, et c’est pour cela que nous avons réuni Béatrice Schang, autrice d’Enseigner la grammaire au collège et formatrice en INSPÉ, Milena, formatrice en neurosciences, qui nous apporte son éclairage scientifique, et Manon, agrégée de lettres, qui a passé les épreuves il y a peu et les aborde avec pragmatisme. La plateforme elle-même a été construite par Cédric Courteau, ancien enseignant devenu développeur et mon associé, avec qui je travaille depuis maintenant plusieurs années sur des projets qui mêlent éducation et technologie.
Ce n’est d’ailleurs pas notre premier chemin puisque, depuis plusieurs années et avec Cédric, nous développons dcolle.fr, une association lauréate du dispositif Édu-Up et un outil numérique gratuit qui permet aux élèves de travailler le français. Hodos en est le prolongement naturel, et il a aussi une autre fonction, puisque nous avons l’ambition d’en redistribuer une partie des bénéfices pour financer ce projet associatif qui nous tient à coeur.
La plateforme est ouverte depuis la rentrée, encore en version bêta, ce qui veut dire que tout le contenu n’est pas en ligne car certains auteurs sont encore en train de rédiger. Nous organiserons pendant l’année des concours blancs sur la plateforme, qui permettront de se tester sur des annales dans les conditions de l’épreuve.
Si vous voulez nous aider à avancer sur ce chemin, vos remarques seront les bienvenues, même les sévères, en fait surtout les sévères ! car c’est grâce à elles que la plateforme progresse.
Jérémy Gunther, professeur de lettres
